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Messe du dimanche : 11 h 00

Confessions (30 minutes avant la messe) ou après la messe et sur demande.

Après la messe, vous êtes tous et toutes invité.e.s au CAFÉ RENCONTRE

à la salle paroissiale ou à l’extérieur selon les conditions météo.

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Mardi 18h00 – 19h00 (nous prions pour le monde).

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HOMÉLIE

(Père Jan Kusyk)

13e dimanche du Temps Ordinaire

dimanche 28 juin 2026

Il est des paroles de Jésus qui sont difficiles parce qu'elles sont mystérieuses. Et puis il y en a d'autres qui sont difficiles parce qu'elles tombent sur nous comme un coup de marteau.

L'Évangile d'aujourd'hui appartient à cette seconde catégorie.

« Celui qui aime son père ou sa mère plus que moi n'est pas digne de moi ; celui qui aime son fils ou sa fille plus que moi n'est pas digne de moi. Celui qui ne prend pas sa croix et ne me suit pas n'est pas digne de moi. »

Cette fois, Jésus ne parle même plus par une hyperbole comme dans saint Luc. Il dit clairement ce qu'il veut dire. Il ne nous demande pas de moins aimer notre famille. Il nous demande de L'aimer davantage.

Car l'amour du Christ n'est pas un amour parmi d'autres. Il est le soleil autour duquel tous les autres amours doivent graviter. Si Dieu n'est pas au centre, même les plus beaux amours finissent par perdre leur orientation. En revanche, lorsque Dieu est premier, nous devenons enfin capables d'aimer véritablement notre épouse, notre mari, nos enfants, nos parents et nos amis.

Les saints l'ont compris. Personne ne l'a incarné avec autant de force que saint François d'Assise.

Nous connaissons les oiseaux, le loup de Gubbio ou la première crèche de Greccio. Mais certains épisodes moins connus révèlent jusqu'où allait son amour du Christ.

Après avoir renoncé publiquement à son héritage devant l'évêque, son père, Pietro Bernardone, continua à vouloir le reprendre sous son autorité. François répondit avec une liberté bouleversante :

« Jusqu'à présent, j'ai appelé Pietro Bernardone mon père. Désormais je puis dire en vérité : Notre Père qui es aux cieux. »

Il ne rejetait pas son père. Il avait découvert un Père plus grand encore. Ce n'était pas un manque d'amour. C'était un amour mieux ordonné. Car on n'aime jamais moins sa famille lorsqu'on aime Dieu davantage. On l'aime enfin comme Dieu lui-même l'aime.

Un autre épisode, beaucoup moins connu, nous montre la même liberté. Vers la fin de sa vie, François souffrait atrocement des yeux. Les médecins décidèrent de cautériser ses tempes avec un fer rougi au feu. Avant qu'ils ne commencent, François s'adressa au feu :

« Mon frère Feu, le Très-Haut t'a créé beau et fort ; sois doux avec moi en cette heure. »

Les assistants s'attendaient à des cris. Il supporta presque en silence.

Pourquoi ? Non parce qu'il aimait souffrir. Mais parce qu'il avait déjà donné toute sa vie au Christ. Le feu pouvait atteindre son corps. Il ne pouvait plus atteindre son cœur. Le cœur de François appartenait déjà à son Seigneur.

Il y a encore cette scène touchante de ses derniers jours. Les frères voulurent rendre son lit plus confortable. François descendit discrètement du matelas pour se coucher sur la terre nue. Il ne méprisait pas le confort ; il craignait seulement de s'y attacher. Même à l'heure de sa mort, il voulait ressembler au Christ, qui n'avait pas où reposer la tête.

Voilà ce que signifie porter sa croix. Ce n'est pas rechercher la souffrance. C'est être libre. Les chaînes les plus solides sont souvent forgées avec de bonnes choses. La famille est bonne. La santé est bonne. La réussite est bonne. La réputation est bonne. Le confort est bon. Mais tout don devient une idole lorsqu'il prend la place du Donateur.

Voilà pourquoi Jésus nous demande aujourd'hui :

« Celui qui ne prend pas sa croix et ne me suit pas n'est pas digne de moi. »

Remarquez bien. Il ne dit pas : Admirez la Croix. Accrochez une croix au mur. Parlez de la Croix.

Il dit : Prenez votre Croix.

Le christianisme n'est pas seulement l'admiration du Christ. C'est la participation à sa vie.

Puis Jésus ajoute cette parole qui semble être un paradoxe :

« Qui a trouvé sa vie la perdra ; qui a perdu sa vie à cause de moi la trouvera. »

Le monde nous dit de tout conserver. Conserve ton temps. Conserve ton argent. Conserve ta réputation. Conserve ton indépendance. Le Christ dit exactement le contraire. Donne. Abandonne. Offre. Et tu recevras infiniment davantage.

Pierre a quitté ses filets. Matthieu a quitté son bureau de collecteur d'impôts. François a quitté la fortune de son père. Ont-ils reçu moins ? Non. Ils ont reçu tout.

Et l'histoire a rendu son verdict. Qui se souvient aujourd'hui de la richesse de Pietro          Bernardone ? Le monde entier connaît saint François, parce qu'il a préféré le Christ à tout le reste. Enfin, Jésus conclut par une promesse magnifique. Celui qui accueille un prophète recevra une récompense de prophète. Celui qui accueille un juste recevra une récompense de juste.

Et même celui qui donne simplement un verre d'eau fraîche à l'un des plus petits de ses disciples ne perdra pas sa récompense. Quelle espérance !

Aux yeux du monde, seules les grandes œuvres comptent. Aux yeux de Dieu, le plus petit acte d'amour accompli pour le Christ a une valeur éternelle. Frères et sœurs, le Christ ne nous demande peut-être pas de quitter notre maison comme saint François.

Mais il pose à chacun cette question : Quelle est la seule chose que je ne serais pas prêt à Lui abandonner s'Il me la demandait ?

C'est précisément là que commence le véritable dissimulât. Car Jésus ne demande pas d'être simplement une priorité parmi d'autres. Il demande d'être le Premier. Parce que Lui seul est la source de tous les autres amours. Et lorsque le Christ devient vraiment le premier de notre vie, nous ne perdons rien de ce qui est véritablement précieux.

Nous découvrons, avec saint François, que le plus pauvre disciple du Royaume est infiniment plus riche que l'homme qui possède le monde entier, mais qui n'a pas le Christ.