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HOMÉLIE
(Père Jan Kusyk)
2e dimanche de Pâques (Dimanche de la Divine Miséricorde)
dimanche 12 avril 2026
En ce dimanche dans l'Octave de Pâques — désormais connu dans toute l'Église comme le Dimanche de la Divine Miséricorde — l'Évangile proclamé est tiré du chapitre vingt de saint Jean l'Apôtre, versets 19 à 31. Dans les siècles passés, ce jour portait le nom de Dominica in albis, ou « dimanche en blanc », car en ce jour les nouveaux baptisés, encore revêtus de leurs vêtements blancs, revenaient se présenter devant l'évêque — signe de leur résolution de conserver la pureté reçue au Baptême.
Aucune figure de l'époque récente n'est plus étroitement associée à la Divine Miséricorde que Pape Jean-Paul II. C'est lui qui institua cette fête pour l'Église universelle, s'appuyant sur les révélations privées accordées à St. Faustina Kowalska, humble religieuse polonaise du début du XXᵉ siècle, morte à l'âge de trente-trois ans de la tuberculose. Sa vie, bien que cachée, fut marquée par de profondes purifications mystiques et des grâces extraordinaires — visions du Christ, et même participation à ses plaies.
À la demande de son confesseur, elle consigna ces expériences dans un journal. Bien que sa formation scolaire fût limitée, ses écrits se distinguent par une clarté remarquable et une justesse théologique, exempts d'erreur et porteurs d'une simplicité qui ne peut provenir que d'une vérité profonde.
Parmi les demandes du Seigneur figurait la réalisation de l'image désormais bien connue de la Divine Miséricorde : le Christ, une main levée pour bénir, l'autre posée sur sa poitrine, d'où jaillissent deux rayons — l'un rouge, l'autre pâle — symbolisant le sang et l'eau qui ont coulé de son Cœur transpercé sur la Croix.
Au cœur de ce message se trouve l'appel à la confiance. Rien, insiste le Seigneur, ne blesse davantage son Cœur que le manque de confiance en sa miséricorde. On entrevoit ici l'essence du péché contre l'Esprit Saint : un désespoir si profond que l'homme, à l'exemple de Judas, ose prétendre que ses péchés dépassent la capacité du pardon divin. Une telle affirmation n'est pas seulement tragique — elle est fausse. Car la miséricorde de Dieu est infinie, tandis que le péché humain, si grave soit-il, demeure toujours fini.
C'est pourquoi le Christ demanda que cette dévotion soit répandue dans le monde entier, accompagnée de pratiques concrètes : la récitation du Chapelet de la Divine Miséricorde, particulièrement à trois heures de l'après-midi, ainsi que la célébration de cette fête le dimanche suivant Pâques.
Après la mort de Faustine, ses directeurs spirituels et d'autres prêtres poursuivirent l'œuvre. La dévotion se répandit lentement, presque imperceptiblement au début — ce qui n'a rien d'étonnant, étant donné son origine dans la vie cachée d'une religieuse cloîtrée en Pologne.
Cependant, des difficultés surgirent. Une traduction défectueuse de son journal conduisit le Saint-Office, en 1959, à interdire la diffusion tant du texte que de l'image. Cette interdiction dura près de vingt ans.
Mais la Providence avait déjà préparé le chemin. À Cracovie, un jeune archevêque nommé Karol Wojtyła — futur Pape Jean- Paul II — prit la cause en main. Il lança le procès de béatification de Faustine et demanda une traduction fidèle de ses écrits. Grâce à un nouvel examen théologique, la profondeur et l'orthodoxie de ces révélations furent reconnues, et en 1978 l'interdiction fut levée — quelques mois seulement avant que Wojtyła ne soit élu pape.
Faustine fut béatifiée en 1993 et canonisée en 2000. À cette occasion, Jean-Paul II institua officiellement le dimanche de la Divine Miséricorde pour toute l'Église, en l'enrichissant d'indulgences particulières.
Mais qu'est-ce donc que la miséricorde ?
Faustine elle-même en donne une réponse lumineuse : « L'amour est la fleur, la miséricorde est le fruit. » Dieu, en lui-même, est Amour — communion éternelle du Père, du Fils et du Saint-Esprit. Mais lorsque cet amour entre dans l'histoire — par la création et surtout par la rédemption — il se manifeste comme miséricorde.
La miséricorde suppose la misère. Avant la création, il n'y avait ni souffrance à guérir ni péché à pardonner. Mais dès que le monde existe, l'amour de Dieu se révèle comme miséricorde — de manière éminente dans l'œuvre rédemptrice du Christ, dans les sacrements et dans toute l'histoire du salut.
Nulle part cela n'est plus visible que sur la Croix, où du côté ouvert du Christ ont jailli le sang et l'eau — signes tangibles de l'amour divin répandu sur l'humanité déchue.
Dans ses propres souffrances, Faustine trouva refuge dans ces plaies, y contemplant l'expression suprême de la miséricorde. Cette dévotion n'est pas nouvelle ; elle prolonge la spiritualité de saints tels que St. Catherine de Sienne qui méditèrent eux aussi profondément sur la Passion.
Dans l'Évangile d'aujourd'hui, le Christ ressuscité apparaît aux Apôtres le soir même de la Résurrection. À deux reprises, il les salue en leur donnant la paix, puis il souffle sur eux en disant : « Recevez l'Esprit Saint. Ceux à qui vous remettrez les péchés, ils leur seront remis ; ceux à qui vous les retiendrez, ils leur seront retenus. »
Comme l'explique St. Thomas d’Aquin, bien que le pardon des péchés soit l'œuvre de toute la Trinité, il est attribué de manière particulière à l'Esprit Saint, qui est l'Amour entre le Père et le Fils. Comme le dit l'Écriture : « l'amour couvre toutes les fautes ».
Ainsi, l'Esprit Saint — le Paraclet — nous renouvelle, nous purifie et nous rétablit dans l'amitié avec Dieu. La miséricorde qui jaillit du Cœur du Christ est, en un sens profond, l'Esprit Saint lui-même, répandu dans nos âmes comme un amour vivant, communiqué par les sacrements, la Parole et toute la vie de l'Église.
Les paroles mêmes de l'absolution dans le sacrement de la confession en sont l'écho :
Dieu, Père de toute miséricorde,
par la mort et la résurrection de son Fils
a réconcilié le monde avec lui
et a envoyé l'Esprit Saint pour la rémission des péchés.
Tout le temps pascal est orienté vers la Pentecôte, révélant que le grand fruit de la Résurrection est précisément ce don : l'Esprit Saint, qui opère en nous le pardon des péchés.
Ainsi, en ce dimanche, nous sommes appelés non seulement à renouveler notre foi, mais surtout à approfondir notre confiance — radicalement et sans réserve — en la miséricorde infinie de Dieu.
Dans les derniers jours de sa vie, St. Thérèse of Lisieux confiait à sa sœur :
« Si j'avais commis tous les crimes possibles, je garderais toujours la même confiance, car cette multitude d'offenses ne serait qu'une goutte d'eau jetée dans un brasier ardent d'amour. »
Confions donc notre misère à cet amour infini. Alors seulement nous comprendrons vraiment — et nous célébrerons véritablement — le mystère de la Divine Miséricorde.
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