Télécharger le bulletin paroissial

Messe du dimanche : 11 h 00

Confessions (30 minutes avant la messe) ou après la messe et sur demande.

Après la messe, vous êtes tous et toutes invité.e.s au CAFÉ RENCONTRE

à la salle paroissiale ou à l’extérieur selon les conditions météo.

ADORATION EUCHARISTIQUE :
Mardi 18h00 – 19h00 (nous prions pour le monde).

E-Newsletter – Diocèse : les dernières mises à jour des événements et annonces de l’archidiocèse 

HOMÉLIE

(Père Jan Kusyk)

11e dimanche du Temps Ordinaire

dimanche 14 juin 2026

L'Évangile d'aujourd'hui commence par une image bouleversante :

« Voyant les foules, Jésus fut saisi de compassion pour elles, parce qu'elles étaient désemparées et abattues, comme des brebis sans berger. »

Avant d'enseigner, avant de guérir, avant d'envoyer les apôtres en mission, Jésus regarde. Et ce qu'il voit touche profondément son Cœur.

Cette compassion n'est pas une simple émotion passagère. C'est l'amour même du Sacré-Cœur de Jésus, ce Cœur qui brûle d'amour pour chaque personne et qui désire qu'aucune ne se perde.

Il y a quelques jours, l'Église célébrait la Solennité du Sacré-Cœur de Jésus, qui est aussi la Journée mondiale de prière pour la sanctification des prêtres. Cette fête éclaire merveilleusement l'Évangile d'aujourd'hui.

Jésus contemple une immense moisson et dit à ses disciples :

« La moisson est abondante, mais les ouvriers sont peu nombreux. Priez donc le Maître de la moisson d'envoyer des ouvriers pour sa moisson. »

Remarquons quelque chose de surprenant : Jésus ne dit pas que la moisson manque. Le problème n'est pas qu'il y ait trop peu de personnes qui cherchent Dieu. Le problème est qu'il y a trop peu de personnes qui répondent à son appel.

Aujourd'hui encore, tant d'hommes et de femmes cherchent un sens à leur vie, le pardon, l'espérance et l'amour. La moisson est toujours abondante.

La vraie question est donc : Qui acceptera d'y aller ?

Certains sont appelés au sacerdoce ou à la vie religieuse. D'autres sont appelés au mariage et à la vie familiale. D'autres encore à une vie de service généreux. Mais tout baptisé a une vocation. Chacun de nous est envoyé par le Christ dans sa moisson.

Comment reconnaître ce que Dieu attend de nous ?

La sagesse spirituelle de St. Ignatius of Loyola nous donne une méthode simple et profonde : écouter les mouvements de notre cœur.

Dieu parle souvent dans les profondeurs de notre âme. Lorsque nous avançons dans sa volonté, même si cela demande des sacrifices, nous expérimentons une paix durable, une joie profonde, une croissance dans la foi et dans la charité. Saint Ignace appelle cela la consolation spirituelle.

À l'inverse, lorsque nous nous éloignons de Dieu, même si le chemin paraît plus facile, nous ressentons souvent le vide, l'agitation ou le découragement. C'est ce qu'il appelle la désolation spirituelle.

Le discernement consiste à reconnaître ces mouvements intérieurs et à se demander chaque jour : « Où Dieu m'a-t-il conduit aujourd'hui ? »

C'est pourquoi saint Ignace recommandait, chaque soir, un bref examen de conscience : remercier Dieu pour ses bienfaits, relire sa journée, reconnaître les moments où la grâce a agi, demander pardon pour ses fautes et prendre la résolution de suivre le Christ plus fidèlement le lendemain.

Dieu ne crie presque jamais. Il parle doucement. Seul un cœur qui sait faire silence apprend à reconnaître sa voix.

Il y a encore un détail remarquable dans l'Évangile.

Jésus demande à ses disciples de prier pour des ouvriers, puis, presque immédiatement, il les envoie eux-mêmes dans la moisson.

Il arrive souvent que ceux qui prient pour les vocations soient précisément ceux que Dieu appelle.

Peut-être appelle-t-il aujourd'hui un jeune homme au sacerdoce.

Peut-être appelle-t-il une jeune femme à la vie consacrée.

Peut-être appelle-t-il un époux ou une épouse à une plus grande sainteté, un retraité à un apostolat caché de prière, ou un jeune à devenir un témoin courageux de l'Évangile.

La première réponse consiste simplement à dire :

« Seigneur, me voici. Je t'écoute. »

Dans cette Eucharistie, nous recevons le Cœur même du Christ. Plus notre cœur s'unit au sien, plus nous entendrons clairement son appel.

Et si chaque catholique prenait quelques minutes chaque jour pour demander : « Seigneur, que veux-tu de moi aujourd'hui ? », l'Église ne manquerait jamais de saints prêtres, de saints religieux, de saintes familles ni de généreux missionnaires.

La moisson est abondante.

Ne nous contentons pas de prier pour les ouvriers.

Ayons aussi le courage de devenir les ouvriers que le Christ veut envoyer dans sa moisson.

En ce dimanche de la Sainte Trinité, mes amis, nous nous tenons devant le mystère le plus profond de l'univers — non pas une énigme à résoudre, mais un feu dans lequel nous sommes invités à entrer. Le Père se donne éternellement au Fils; le Fils reçoit éternellement tout du Père et se redonne à Lui dans l'amour; et l'Esprit Saint procède comme la flamme vivante de cette communion. Dieu n'est pas solitude. Dieu est famille. Dieu est don. Dieu est amour.

Et voici la chose bouleversante : l'homme est créé à cette image. Non pas à l'image de la puissance, ni de la machine, ni d'une volonté isolée, mais à l'image du Dieu Trinité.

Dans sa nouvelle encyclique sur l'intelligence artificielle et la dignité humaine, Magnifica Humanitas, le pape Léon XIV avertit que l'humanité se trouve aujourd'hui à un tournant décisif. Il écrit :

« L'humanité, créée par Dieu dans toute sa grandeur, est aujourd'hui confrontée à un choix décisif : soit construire une nouvelle tour de Babel, soit bâtir la cité où Dieu et l'humanité demeurent ensemble. »

Babel ou Jérusalem — voilà toujours le choix. Babel cherche la grandeur sans gratitude, l'unité sans Dieu, le ciel sans sainteté. Toute civilisation qui oublie l'adoration finit par s'adorer elle-même.

Le Saint-Père souligne particulièrement le défi posé par l'intelligence artificielle. Dans un monde où les machines imitent désormais la parole, la mémoire et même certaines apparences de compassion, il rappelle avec force :

« À l'ère de l'intelligence artificielle, alors que la dignité humaine est menacée par de nouvelles formes de déshumanisation, notre devoir urgent est de demeurer profondément humains. »

Et qu'est-ce qu'être profondément humain? L'encyclique répond :

« Créée pour la relation, toute personne humaine est voulue par Dieu pour entrer en communion avec Lui, avec les autres et avec la création. »

La communion — voilà la clé de la fête de la Trinité. Le Père est éternellement tourné vers le Fils; le Fils vers le Père; et l'Esprit Saint est l'extase éternelle de cet amour. Ainsi, l'homme, créé à cette image, ne peut jamais devenir pleinement lui-même dans l'isolement.

Comme l'enseigne encore le pape :
« La personne humaine ne se découvre pleinement que dans le don sincère d'elle-même. »

Le monde moderne glorifie l'autonomie; les saints glorifient la communion. Le monde dit : « Sois toi-même. » Le Christ dit : « Perds-toi toi-même. » Et une seule de ces voies conduit à la joie.

L'enfer est l'isolement. Le ciel est la communion.

Les blessures les plus profondes de notre civilisation ne sont donc pas seulement économiques ou politiques; elles sont relationnelles. Nous avons confondu connexion et communion. Le pape met en garde contre :
« le "syndrome de Babel", c'est-à-dire l'idolâtrie du profit qui sacrifie les faibles. »

La civilisation chrétienne se sacrifie pour les faibles. Babel sacrifie les faibles pour elle-même.

L'encyclique apporte aussi une clarification importante sur l'intelligence artificielle : aussi impressionnantes que soient ces technologies, elles ne possèdent ni âme, ni conscience morale, ni capacité réelle d'aimer. Le pape écrit :

« Ces systèmes ne font qu'imiter certaines fonctions de l'intelligence humaine... ils ne connaissent pas de l'intérieur ce que signifient l'amour, l'amitié, le travail ou la responsabilité. »

Et il ajoute avec profondeur :
« Le danger n'est pas tant qu'une personne croie parler à un être humain, mais qu'elle perde peu à peu le désir même de créer de véritables relations humaines. »

Voilà pourquoi l'Eucharistie devient lumineuse aujourd'hui. La messe n'est pas simplement une réunion religieuse; elle est une entrée dans la vie même de la Trinité. Par le Fils, dans l'Esprit Saint, nous sommes portés vers le Père.

Même le signe de la croix contient toute la destinée de l'homme :
« Au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit. »

Nous commençons là au baptême. Nous mourons là dans l'espérance. Et le ciel lui-même n'est rien d'autre qu'une participation éternelle à cet amour.

Vers la fin de l'encyclique, le pape Léon XIV écrit :
« La tâche qui nous attend est celle d'être des bâtisseurs de communion plutôt que des architectes de Babel. »

Bâtisseurs de communion — quelle magnifique définition du chrétien. Un père qui prie avec ses enfants. Une mère qui enseigne la tendresse. Un prêtre qui offre le Saint Sacrifice. Des amis réunis autour d'une table. Un vieux couple qui se pardonne encore une fois. 

Ce ne sont pas de petites choses. Ce sont des révoltes contre Babel.

Car chaque acte d'amour véritable reflète la Trinité. Et chaque saint devient transparent à cette communion éternelle du Père, du Fils et du Saint-Esprit. Amen.